Renforcer les réserves nationales et consolider la stabilité macroéconomique : c'est l'objectif du Ghana en imposant aux grandes sociétés aurifères une cession obligatoire de 30 % de leur production à l'État à partir du 1er juillet 2026. Premier producteur d'or du continent, le pays fait de sa richesse minière un levier stratégique de souveraineté économique.
Cette nouvelle obligation remplace un accord de 2022 qui en prévoyait seulement 20 %. L'or sera désormais centralisé par GoldBod, organisme public, sous forme de doré brut, livré au prix de référence avec une décote de 0,55 %. Après raffinage local, le métal rejoindra une affinerie certifiée par la London Bullion Market Association avant son intégration aux réserves de la banque centrale.
Le programme Ghana Accelerated National Reserve Accumulation Program (GANRAP) vise un objectif ambitieux : porter les réserves aurifères de 19,2 tonnes (février 2026) à environ 157 tonnes d'ici 2030. Cette accumulation doit atteindre l'équivalent de quinze mois d'importations afin de prémunir le pays contre les chocs extérieurs. Inspirée par la crise économique de 2022-2023 (dépréciation du cedi, inflation galopante, endettement), cette stratégie s'aligne sur une tendance mondiale : les banques centrales ont acheté deux fois plus d'or ces quatre dernières années qu'au cours de la décennie antérieure.
Cependant, le FMI met en garde : entre 2022 et 2024, les précédents mécanismes ont généré des pertes de 7,11 milliards de cedis (553 millions d'euros). Accra entend corriger le tir en répartissant les charges entre le budget d'État et la banque centrale, tout en renforçant la supervision des acquisitions.
Ce qu’il faut retenir
- Obligation pour les miniers d'alimenter le Trésor en or : 30 % de la production annuelle à partir du 1er juillet 2026
- Accumulation stratégique : porter les réserves de 19,2 tonnes à 157 tonnes, consolidant la résilience face aux crises
- Développement industriel local : raffinage national et certification LBMA d'ici 2030 pour réduire les exportations brutes
- Vigilance du FMI : les précédents achats domestiques ont enregistré 553 millions d'euros de pertes entre 2022-2024
Source : Burkina 24