À Port-Gentil, la justice gabonaise a tranché sans ambiguïté un conflit immobilier qui oppose depuis des années la femme d'affaires Marinette Malamba à l'ancienne hiérarchie judiciaire. Eddy Narcisse Minang, qui dirigeait le parquet de Libreville jusqu'à récemment, a perdu tous ses recours contre une décision d'annulation rendue dès 2020 par le tribunal administratif de Port-Gentil. La Cour d'appel administrative de Libreville a confirmé cette débâcle en avril 2024 en rejetant son pourvoi.
Au cœur du litige : une parcelle urbaine que Marinette Malamba occupait légalement depuis 1996 et qu'elle avait considérablement mise en valeur par ses propres deniers. L'administration domaniale, l'Agence nationale de l'urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (Anuttc), avait prétendu que le terrain restait nu et l'a réattribué à Eddy Narcisse Minang en 2013. Celui-ci l'a immédiatement revendu à un investisseur libanais sans investir un seul franc.
Les magistrats ont établi, pièces et témoignages à l'appui, que l'administration connaissait parfaitement l'existence des installations de Marinette Malamba : un soubassement, une barrière et un branchement d'eau demeuraient visibles sur place. Ils ont jugé que l'État avait commis une « erreur grave et manifeste » en classant le terrain de nu, et qu'il n'avait pas respecté ses obligations en omettant de mettre en demeure la propriétaire initial de parfaire ses aménagements.
Malgré ces victoires judiciaires répétées, Marinette Malamba attend toujours que le terrain lui soit restitué concrètement, illustrant le fossé chronique entre la décision du juge et son exécution effective en Afrique centrale.
Ce qu’il faut retenir
- Le tribunal de Port-Gentil puis la Cour d'appel ont annulé la réattribution à Eddy Narcisse Minang, jugée entachée de vices graves.
- L'administration avait faussement déclaré le terrain nu alors qu'elle connaissait l'existence des constructions de Marinette Malamba.
- Eddy Narcisse Minang n'a réalisé aucun travail et a immédiatement vendu la parcelle sans investissement personnel.
- L'exécution pratique du jugement reste bloquée, reflétant les défis de mise en œuvre des décisions de justice en région.
Source : Gabon Actu