Gabon : trois leviers pour sortir de la crise de l’emploi

Le Gabon fait face à une urgence sociale majeure : 17,4 % de chômage, avec un paradoxe troublant — 120 000 diplômés sans travail tandis que 4 000 permis de travail sont accordés à des étrangers. Un an après les Assises nationales sur l'emploi, le diagnostic s'accumule sans déboucher sur des solutions structurées ni mesures adaptées à l'ampleur du défi.

Edgard Obame Ndemezock, expert en stratégies de capital humain et ancien directeur des ressources humaines, propose un cadre d'action en trois axes. D'abord, maîtriser les données réelles du marché du travail — les dernières statistiques nationales remontent à 2010, un vide criard qui paralyse la prise de décision. Ensuite, identifier puis orienter la formation vers les secteurs pourvoyeurs d'emplois stables : bois et transformation forestière, bâtiment et infrastructures, agro-industrie, métiers de la mer.

Le troisième axe interroge le modèle existant : sortir de la logique des emplois précaires financés par l'État pour privilégier des postes pérennes, ancrés dans une demande économique réelle. Cette approche exige de réformer en profondeur la formation professionnelle, de mieux réguler l'accès des travailleurs étrangers aux postes, et de mobiliser les acteurs du secteur privé — PME, fédérations patronales, confédérations syndicales — comme partenaires à part entière.

Ce qu’il faut retenir

  • Collecter des données fiables sur le marché du travail pour dépasser le diagnostic et piloter des décisions éclairées.
  • Réorienter l'offre de formation vers le bois, BTP, agro-industrie et métiers maritimes, secteurs à forte création d'emplois.
  • Privilégier les emplois stables et non artificiels, avec soutien bancaire et fiscal aux PME, premiers employeurs du pays.

Source : Gabon Review

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