Addis-Abeba pourrait bientôt voir son architecture politique remodelée. Une proposition de fusion des postes de Premier ministre et de président, créant ainsi une présidence exécutive dotée de pouvoirs accrus, a émergé des récents dialogues nationaux.
Cette initiative, si elle est adoptée par le Parlement en octobre, pourrait redessiner le paysage du pouvoir en Éthiopie. Le Premier ministre Abiy Ahmed, aux commandes depuis 2018, serait potentiellement le grand bénéficiaire de ce changement, le nouveau président étant élu par une assemblée où son parti détient une majorité écrasante.
Les partisans de cette réforme argumentent qu'elle vise à renforcer la cohésion nationale et à mieux représenter toutes les communautés, contrairement au système actuel. Ils suggèrent également de privilégier les partis politiques d'envergure nationale au détriment de ceux basés sur des critères ethniques.
Cependant, cette perspective soulève des inquiétudes majeures parmi les opposants, qui craignent une centralisation excessive du pouvoir entre les mains du chef du gouvernement. Le processus de dialogue lui-même a été critiqué pour son manque d'inclusivité, plusieurs formations politiques majeures et des groupes armés ayant choisi de ne pas y participer.
Ce qu’il faut retenir
- Une réforme constitutionnelle pourrait unifier les rôles de Premier ministre et de président en Éthiopie.
- La proposition vise à renforcer l'unité nationale et les partis politiques à portée nationale.
- Des voix s'élèvent pour dénoncer une potentielle concentration des pouvoirs et un manque d'inclusivité du dialogue.
- Des conflits persistants dans plusieurs régions éthiopiennes ajoutent à la complexité de la situation.
Source : Africanews