L'Organisation météorologique mondiale tire la sonnette d'alarme. Le phénomène El Niño, qui intensifie les anomalies climatiques à l'échelle planétaire, pourrait aggraver la variabilité des précipitations et des températures dans les mois à venir, notamment en zone sahélo-soudanienne et dans le bassin du Congo.
Ce réchauffement anormal des eaux pacifiques n'est pas une simple fluctuation océanique. Selon Alvaro Silva, expert auprès de l'OMM, il provoquera une accélération supplémentaire du thermomètre mondial. « Pendant les années El Niño, les températures mondiales franchissent régulièrement des seuils sans précédent », a-t-il déclaré lors d'un point de presse genevois vendredi.
Pour la zone CEMAC, ces impacts pourraient se traduire par une accentuation des périodes sèches au Sahel et des déficits pluviométriques en Asie du Sud-Est. Le Tchad, comme ses voisins sahéliens, pourrait connaître des conditions plus arides, menaçant les réserves hydriques indispensables à l'irrigation, aux barrages et aux activités pastorales.
L'OMM a engagé une coordination « sans équivalent » auprès des services météorologiques nationaux et des centres climatiques régionaux pour aider les gouvernements à se préparer. Cependant, l'agence onusienne prévient : « La fenêtre d'action se referme dans certaines régions ». Clare Nullis, porte-parole de l'OMM, rappelle que juin a déjà enregistré des records thermiques dans plusieurs pays, comme l'Allemagne (41,7 °C).
Ce qu’il faut retenir
- El Niño intensifie les extrêmes météorologiques : sécheresses prolongées, vagues de chaleur, pluies diluviennes attendues mondialement
- Déficits hydriques probables au Sahel et en Asie du Sud-Est, compromettant ressources agricoles et énergétiques
- L'OMM mobilise services météo nationaux pour anticiper les risques ; fenêtre de préparation critique pour les États
Source : Tchad Infos