Dix-sept ans après sa promesse initiale, le gouvernement camerounais vient de fixer une nouvelle date pour la réalisation de la digue-route du Logone. Cette infrastructure de 330 kilomètres, censée protéger l'Extrême-Nord contre les crues récurrentes du fleuve, devrait enfin sortir de terre en 2028 et être achevée en 2031, avec une livraison anticipée en 2029.
Le projet, annoncé solennellement par Paul Biya en septembre 2012 après des inondations catastrophiques ayant fait une douzaine de morts et laissé 27 000 personnes sans abri, demeure à ce jour l'un des dossiers les plus symboliques des promesses gouvernementales en suspens. Les populations des départements du Mayo-Danay et du Logone-et-Chari, où le projet traversera une soixantaine de villages, vivent depuis une décennie et demie dans l'attente de cette solution.
L'obstacle majeur à la concrétisation a longtemps été financier. Le coût du projet a cependant connu une révision drastique : estimé à 1 100 milliards de FCFA en 2025, il est désormais chiffré à 381 milliards, soit moins d'un tiers du montant précédent. Cette réduction spectaculaire n'a pas d'explication officielle, bien qu'elle suggère une adaptation du gouvernement à ses contraintes budgétaires. La maîtrise d'ouvrage publique assurera le financement, avec l'appui attendu de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement.
Cette infrastructure cumule deux enjeux cruciaux pour la région : briser l'isolement des zones frontalières en facilitant les échanges avec le Tchad voisin, tout en constituant un rempart indispensable contre les assauts répétés des eaux. Depuis 2012, chaque saison des pluies apporte son cortège de déplacés, d'habitations détruites et de pertes économiques.
Ce qu’il faut retenir
- Les travaux de la digue-route de 330 km commenceront en 2028 pour un achèvement programmé en 2031.
- Le coût révisé atteint 381 milliards de FCFA, bien en deçà des évaluations antérieures de plus d'un milliard.
- Cette infrastructure combinera deux fonctions : protection contre les inondations récurrentes et désenclavement régional vers le Tchad.
- Les populations de l'Extrême-Nord attendaient cette solution depuis dix-sept ans, victimes annuelles des débordements du Logone.
Source : Camer.be