Bah Oumarou Sanda, figure majeure de la magistrature camerounaise, s'est éteint vendredi à Yaoundé. Né en 1940 à Garoua, ce juriste de carrière a traversé plus de cinq décennies d'institutions, marquant profondément le système judiciaire national.
Après un parcours dans les tribunaux camerounais—de Douala à Bafoussam—, il a été nommé ambassadeur au Tchad en 2008, où il a représenté le pays pendant dix ans sur la scène diplomatique régionale, notamment lors du sommet extraordinaire de la CEMAC en 2017. C'est à son retour, en février 2018, qu'il intègre le Conseil constitutionnel fraîchement opérationnel, vingt-deux ans après sa création législative.
Le magistrat devient l'un des onze fondateurs de cette institution appelée à arbitrer les grands enjeux constitutionnels. En tant que doyen, il cumule des décennies d'expertise juridique et administrative. Toutefois, sa présence ne suffit pas à épargner au Conseil une réputation entachée : l'institution demeure régulièrement accusée de dépendre excessivement du pouvoir exécutif, fragilisant même ses membres les plus estimés.
Cette disparition intervient dans un contexte institutionnel singulièrement délicat. Le président Paul Biya brille par son absence depuis juin 2026, alimentant les incertitudes sur la succession. Or, seul le Conseil constitutionnel possède l'autorité pour constater une vacance présidentielle. Un siège vacant dans cette institution, à pareille conjoncture, pourrait compliquer davantage un paysage politique déjà tendu.
Ce qu’il faut retenir
- Bah Oumarou Sanda, magistrat fondateur du Conseil constitutionnel en 2018, décédé après une carrière judiciaire et diplomatique de plus de cinquante ans.
- Représentant du Cameroun au Tchad de 2008 à 2018, il a participé aux grands rendez-vous diplomatiques régionaux incluant le sommet CEMAC.
- Son décès laisse vacant un siège du Conseil au moment où l'institution pourrait être appelée à arbitrer une crise de succession présidentielle.
Source : Camer.be