À l'Assemblée nationale, le député Jean-Michel Nintcheu a soulevé un scandale majeur : la volatilisation de 44 tonnes d'or sans laisser la moindre trace administrative. Un volume ahurissant, équivalent à deux mille fois les exportations officielles annuelles déclarées en 2023. Le parlementaire du Littoral a pointé du doigt un système d'importation illicite fonctionnant en impunité grâce à des protections au sommet de l'État.
Dans une série de questions au ministre des Mines, Nintcheu a expliqué l'inexplicable : comment une telle quantité de minerai précieux a-t-elle pu franchir les multiples barrières de sécurité et les postes douaniers ? Pour le député, la réponse s'impose d'elle-même : seule une machine bien huilée, dotée de soutiens au plus haut niveau, peut orchestrer pareil détournement.
Cette dénonciation ravive les interrogations sur l'intégrité des structures chargées de contrôler les flux miniers. Le Cameroun, confronté depuis des années à des écarts massifs entre l'or exploité et l'or déclaré, peine à juguler les fuites de son patrimoine minier. Le gouvernement a certes annulé récemment 74 permis miniers, mais ces mesures cosmétiques ne s'attaquent pas au cœur du problème : l'exportation clandestine aux mains de réseaux bien protégés.
Ce qu’il faut retenir
- Quarante-quatre tonnes d'or ont disparu du Cameroun sans justifications administrées, selon l'élue qui les réclame à examen
- Le parlementaire affirme que seul un réseau aux connexions présidentielles pourrait permettre tel contournement douanier systématique
- Ce volume représente deux mille fois les déclarations officielles d'exportation aurifère documentées en deux mille vingt-trois
Source : Camer.be