Une question lancinante agite le débat politique au Cameroun : peut-on laisser le chef de l'État s'absenter indéfiniment du territoire ? C'est ce vide juridique qui pousse le député Cabral Libii, patron du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), à la mobilisation électorale.
Selon l'homme politique, les textes législatifs ne fixent actuellement aucune limite à la durée des déplacements présidentiels hors des frontières. Cette lacune légale offre au pouvoir exécutif une flexibilité totale, sans obligation de rendre des comptes. Pour y remédier, Libii estime qu'une refonte légale s'impose — mais elle ne peut venir que d'une assemblée parlementaire dotée d'une majorité différente.
Le constat est sans appel : le RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais) contrôle écrasamment l'Assemblée nationale avec 152 sièges contre seulement 28 pour les huit partis d'opposition. Cette domination mathématique paralyse toute velléité de réforme. En 2027, les législatives offriront une occasion de renverser cette tendance. Le leader de l'opposition plaide donc pour une inscription massive sur les listes électorales, processus qui s'achève le 31 août 2026.
Un précédent historique existe : en mars 1992, l'opposition avait brièvement gouverné l'Assemblée avec 92 sièges face aux 88 du RDPC. Trente-cinq ans après le retour au multipartisme, cette configuration pourrait-elle se reproduire ?
Ce qu’il faut retenir
- Aucune disposition légale ne limite actuellement les absences présidentielles du Cameroun, créant une faille juridique exploitable
- Seule une nouvelle majorité parlementaire pourra voter les modifications constitutionnelles ou législatives nécessaires
- L'inscription électorale devient cruciale avant la deadline du 31 août 2026 et les scrutins de 2027
- L'opposition avait remporté la majorité en 1992 avec 92 députés ; le scénario reste théoriquement réalisable
Source : Journal du Cameroun