L'archevêque de Douala, Mgr Samuel Kleda, a rompu le silence le 29 juin 2026 en publiant une lettre pastorale fracassante sur la situation catastrophique des établissements pénitentiaires camerounais. Ce document, intitulé « Appel à la conversion pour l'humanisation des prisons au Cameroun », met en lumière des réalités glaçantes : surpopulation extrême, conditions inhumaines, disparitions forcées et justice corrompue.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le Cameroun entasse 37 150 détenus dans des structures prévues pour accueillir 20 955 personnes, générant un taux de surpeuplement de 178 % en moyenne et dépassant les 500 % dans certains lieux de détention. Derrière ces murs, des hommes, des femmes et même des enfants vivent dans l'insalubrité totale : sols en béton nu, absence d'eau potable, cellules non aérées. Maladies opportunistes, tuberculose et malnutrition constituent le quotidien de ces oubliés du système.
Mgr Kleda, figure respectée des défenseurs des droits humains en Afrique centrale, n'épargne rien. Il stigmatise les arrestations sans mandat, les détentions secrètes et les familles qui errent désespérément en quête de nouvelles de leurs proches. Au-delà du constat, le prélat propose neuf pistes de réforme majeures, de la création d'une commission d'enquête indépendante aux peines alternatives pour délits mineurs, en passant par l'amélioration des conditions d'hygiène et la transformation des prisons en centres de formation professionnelle.
Ce qu’il faut retenir
- 37 150 détenus pour 20 955 places : surpopulation chronique dépassant 500 % localement, selon le rapport épiscopal.
- Disparitions forcées documentées : arrestations sans mandat et détentions secrètes violant le droit national et international.
- Neuf propositions de réforme, incluant justice restauratrice, commission indépendante et centres de reconversion professionnelle.
- Appel lancé lors de la visite du Pape Léon XIV, mettant en avant la dignité inhérente de chaque prisonnier.
Source : Camer.be