Le parc national de la Ruvubu, l'une des plus importantes aires protégées du Burundi, traverse une crise écologique majeure. Depuis fin juillet, les feux de brousse détruisent rapidement son territoire : plus de 10 000 hectares ont déjà brûlé, réduisant à néant un cinquième de ce patrimoine naturel d'importance continentale.
Sur le terrain, les garde-forestiers livrent une bataille quotidienne contre les flammes, mais leurs effectifs et ressources demeurent largement insuffisants. Avec seulement une quarantaine d'agents pour surveiller 50 800 hectares de savane et de zones humides, la tâche s'avère titanesque. Marc Bakundintwari, responsable du parc, estime qu'au moins 45 agents seraient nécessaires, dotés d'équipements adaptés.
Les causes des incendies sont multiples et souvent liées à l'activité humaine. Les braconniers, les collecteurs de bois de feu, les bergers cherchant des pâturages, et même les voyageurs qui dégagent des sentiers vers la Tanzanie sont pointés du doigt. Chaque feu aggrave une situation déjà précaire : les habitats de la faune disparaissent, forçant les animaux à quitter le parc et créant des tensions avec les populations environnantes.
Créé en 1980 et reconnu site Ramsar depuis 2013, le parc abrite une biodiversité exceptionnelle : 44 espèces de mammifères, 425 espèces d'oiseaux, des crocodiles du Nil et de nombreuses espèces de poissons. Les autorités s'inquiètent d'une dégradation irréversible de cet écosystème sans un renforcement urgent des moyens de protection.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 10 000 hectares du parc brûlent depuis juillet, soit environ 20 % de sa superficie totale.
- Seulement 40 garde-forestiers protègent 50 800 hectares, face à des incendies provoqués par braconniers et activités humaines.
- L'écosystème abrite 44 espèces de mammifères, 425 d'oiseaux et les crocodiles du Nil, menacés de disparition.
- Les animaux fuyant le parc engendrent des conflits accrus avec les communautés riveraines du Burundi.
Source : Africanews