Le Complexe pédiatrique de Bangui connaît une baisse de fréquentation inquiétante depuis la transformation du système de prise en charge. Alors que l'État avait promis des soins sans frais aux enfants de moins de cinq ans, aux femmes enceintes et allaitantes, le passage à une gratuité « ciblée » à partir de janvier 2026 a fragilisé la confiance des parents.
Les salles d'attente, jadis saturées, affichent désormais des lits vides. Marceline, mère d'une petite fille soignée pour la rougeole, témoigne : « Les gens ne viennent plus comme avant ». Depuis dimanche, elle observe une fréquentation squelettique aux unités A et B de l'établissement.
Le retour de certains frais pousse les ménages les plus modestes à chercher des alternatives. Brigitte explique : « Avant, les soins étaient gratuits. Aujourd'hui, il faut payer les examens et les médicaments. Je n'ai pas les moyens, donc je traite mes enfants au quartier ou traditionnellement ».
Le professeur Jean Chrysostome Gody, directeur du complexe, défend le dispositif : la gratuité persiste, mais dépend désormais de la disponibilité des médicaments et s'applique différemment selon les cas. En parallèle, des patients dénoncent les conditions d'accueil, accusant le personnel médical de manquer de civisme. Les autorités sanitaires demandent un renforcement urgent du soutien des partenaires pour sauver ce service essentiel.
Ce qu’il faut retenir
- Les effectifs au Complexe pédiatrique de Bangui chutent depuis la fin de la gratuité totale des soins.
- Le passage à une gratuité ciblée en 2026 contraint les parents à recourir à l'automédication ou aux soins traditionnels.
- Les problèmes d'accueil et la disponibilité insuffisante de médicaments aggravent la désaffection des usagers.
- Les responsables réclament un accroissement de l'assistance des partenaires internationaux pour relancer le service.
Source : Radio Ndeke Luka