Nelson Chamisa, figure historique de l'opposition zimbabwéenne, construit une alternative politique destinée à contester le régime du président Emmerson Mnangagwa. Depuis Londres, le leader explique sa stratégie : mobiliser les cinq millions de Zimbabwéens de la diaspora et les citoyens du pays pour forcer un changement de gouvernance.
Contrairement à sa précédente tentative avec la Coalition citoyenne pour le changement (CCC), infiltrée en 2023 par le parti au pouvoir ZANU-PF, Chamisa affirme avoir tiré les leçons. Son nouveau projet, surnommé « Agenda 2026 », se présente comme un mouvement inclusif, transcendant les clivages raciaux, régionaux et idéologiques. « Ce qui unit les gens, c'est la volonté de transformer », explique-t-il, soulignant que son approche privilégie la mobilisation paisible plutôt que la confrontation armée.
Cette démarche intervient dans un contexte régional tendu. Fin juillet, le Parlement zimbabwéen a approuvé un amendement constitutionnel reportant les élections à 2030, consolidant le pouvoir de Mnangagwa pour trois années supplémentaires. Chamisa rejette catégoriquement cette modification, la qualifiant d'« illégale ». Pendant ce temps, les rapports d'organisations internationales, notamment Human Rights Watch, documentent une répression systématique contre les opposants, les journalistes et les activistes civiques.
La solidarité régionale demeure cruciale. Chamisa en appelle aux voisins du Zimbabwe — Afrique du Sud, Botswana, Namibie, Zambie — pour soutenir les efforts démocratiques, rappelant que la légitimité du scrutin de 2023 a été contestée par plusieurs observateurs électoraux africains.
Ce qu’il faut retenir
- Chamisa mobilise la diaspora zimbabwéenne (5 millions de personnes) et les citoyens locaux contre le régime Mnangagwa.
- Ayant expérimenté l'infiltration, il prétend avoir mis en place des mécanismes de protection pour son nouveau mouvement Agenda 2026.
- L'amendement constitutionnel reportant les élections à 2030 est dénoncé comme une tentative d'extension de mandat « illégale ».
- Une reprise démocratique requiert, selon lui, le soutien actif de la région australe africaine.
Source : The Africa Report