Ce dimanche, l'Afrique du Sud célèbre sept décennies depuis la marche historique du 9 août 1956, lorsque quelque 20 000 femmes de tous horizons ont convergé vers Pretoria pour défier les lois de l'apartheid. Ces militantes courageuses risquaient l'emprisonnement, la torture et la mort pour contester l'obligation imposée aux femmes noires de porter des laissez-passer restrictatifs. Ce mouvement de masse a incarné un tournant majeur dans la résistance à la domination raciale.
Sept décennies plus tard, les Sud-Africaines constatent que la liberté formelle acquise n'a pas résolu l'ensemble de leurs épreuves. Une enquête soutenue par l'ONU en 2024 révèle qu'une femme sur trois a subi des agressions sexuelles ou physiques au cours de son existence. Les autorités internationales qualifient la situation actuelle de crise épidémique. Au-delà de la violence, les femmes demeurent confrontées au chômage disproportionné, à l'invisibilité professionnelle et à l'exclusion des responsabilités décisionnelles.
Ramnie Dinat, 84 ans aujourd'hui, participait à cette marche légendaire aux côtés de sa mère Ama Naidoo, figure de la résistance. Elle se souvient de l'organisation minutieuse, porte par porte, requise pour mobiliser les foules. Cette ancienne prison des femmes, désormais musée à Johannesburg, témoigne de l'ampleur du chemin parcouru, tout en rappelant les injustices persistantes.
Ce qu’il faut retenir
- Une enquête onusienne de 2024 établit qu'une Sud-Africaine sur trois a subie des violences sexuelles ou physiques durant sa vie.
- Les femmes continuent d'affronter chômage massif, sous-représentation managériale et restrictions sociales liées à l'insécurité.
- Les survivantes de la marche de 1956, comme Ramnie Dinat, plaident pour que chaque génération défende activement la justice.
Source : Africanews