Le tribunal militaire de Douala a prononcé l'acquittement d'André Blaise Essama et de son co-accusé Nzepang Scotty Winner, mardi 19 août 2026. Les deux militants, détenus depuis novembre 2025 à la prison centrale de Douala-New Bell, n'ont pu être reconnus coupables des charges retenues contre eux : rébellion et appel à l'insurrection.
Le magistrat instructeur s'est appuyé sur l'absence de preuves matérielles et juridiques pour justifier ce verdict. Le représentant du parquet a lui-même peiné à établir solidement les fondements de l'accusation, notamment lors des débats du 10 août dernier, face aux arguments développés par le collectif de défense.
Cet acquittement intervient dans un contexte politique tendu au Cameroun. Essama avait exprimé publiquement, via les réseaux sociaux, ses critiques envers le scrutin présidentiel de novembre 2025, remporté par Paul Biya dans des circonstances contestées par une partie de l'opposition. Proche du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, l'activiste s'était également distingué par son engagement contre les monuments coloniaux, qu'il considère comme des reliques d'une domination étrangère. Son arrestation, intervenue le 7 novembre 2025, avait été perçue par ses soutiens comme une mesure répressive visant à réduire au silence les voix dissidentes.
Ce qu’il faut retenir
- Le tribunal militaire de Douala déclare acquittés les deux militants politiques après trois quarts d'année d'emprisonnement.
- L'absence de fondements probants a poussé le parquet lui-même à reconnaître la fragilité de son dossier.
- Essama, figure de l'opposition au régime, entend reprendre ses activités de contestation civique.
- L'acquittement soulève des questions sur la proportionnalité des mesures sécuritaires au Cameroun post-électorales.
Source : News du Cameroun