Tchad : pourquoi tant de jeunes entrepreneurs restent bloqués à la phase artisanale

Au Tchad, des centaines de jeunes lancent chaque année des petites activités commerciales pour fuir le chômage. Restaurants, services numériques, ateliers ou commerces de détail fleurissent dans les villes. Pourtant, le passage du stade embryonnaire à celui d'une véritable PME demeure un saut quasi impossible pour la majorité d'entre eux. Entre obstacles administratifs, barrières financières et absence d'accompagnement durable, le paradoxe est frappant : créer une activité est devenu accessible, mais la faire prospérer relève du défi.

Le financement constitue le premier goulot d'étranglement. Les institutions bancaires exigent des garanties — immobilières notamment — que les jeunes entrepreneurs ne détiennent généralement pas. Nombreux sont donc ceux qui puisent dans l'épargne familiale ou les tontines pour démarrer, des montants largement insuffisants pour amorcer une véritable expansion. Un cercle vicieux s'installe : il faut des actifs pour emprunter, mais il faut emprunter pour en acquérir.

S'ajoutent à cela les charges administratives et fiscales qui débutent dès que l'entreprise cherche à se formaliser. Certains entrepreneurs choisissent alors de rester dans l'informel, sacrifiant ainsi l'accès aux marchés publics et aux investissements structurants. Parallèlement, les programmes de soutien à l'entrepreneuriat se concentrent sur la phase de lancement, laissant les jeunes patrons sans filet une fois les premiers mois écoulés. Gestion comptable, stratégie commerciale, ressources humaines — les compétences requises pour grandir manquent cruellement.

Ce qu’il faut retenir

  • Accès au crédit bancaire impossible : les jeunes entrepreneurs manquent de garanties matérielles acceptées par les banques.
  • Formalisation pénalisante : passer de l'informel génère des frais incompatibles avec la survie des petites structures.
  • Accompagnement interrompu : soutiens gouvernementaux et ONG s'arrêtent après le démarrage, pas après le développement.
  • Marchés étroits : le pouvoir d'achat régional et les coûts logistiques limitent les débouchés hors quartier.

Source : Alwihda Info

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