Une étude alarmante révèle une augmentation spectaculaire des sommes versées aux groupes armés au Nigeria pour la libération de personnes enlevées. Entre juillet 2025 et juin 2026, près de 6 millions de dollars auraient été déboursés, une somme qui a plus que triplé en un an, soulignant la gravité d'un phénomène qui gangrène la sécurité du pays.
Les enlèvements sont devenus une manne financière considérable pour les organisations criminelles et djihadistes, qui exploitent la peur et le désarroi des familles. Le rapport du cabinet SBM Intelligence met en lumière le montant astronomique de 7,78 milliards de nairas (environ 5,8 millions de dollars) collectés, contre 2,56 milliards un an plus tôt. Ces chiffres, qui pourraient être sous-estimés car le paiement de rançons est illégal, cachent une réalité encore plus sombre avec au moins 7 825 personnes enlevées et 1 142 décès enregistrés.
Le nord-ouest du Nigeria demeure l'épicentre de ces actes barbares, mêlant banditisme et infiltration djihadiste. Les enlèvements de masse, dont deux attribués à Boko Haram représentent à eux seuls près de 90% du total, deviennent le mode opératoire privilégié des criminels, accentuant la détresse dans une région déjà fragile. La situation sécuritaire complexe, entre insurrection djihadiste, banditisme et conflits intercommunautaires, pousse à repenser les stratégies de lutte, notamment en s'attaquant aux flux financiers qui alimentent ces réseaux.
Ce qu’il faut retenir
- Près de 6 millions de dollars de rançons versées aux criminels nigérians en un an.
- Le montant des rançons a plus que triplé, atteignant 7,78 milliards de nairas.
- Plus de 7 800 personnes enlevées et 1 142 morts enregistrés durant la période étudiée.
- Les enlèvements de masse, notamment par Boko Haram, constituent la principale source de revenus des groupes armés.
Source : Africanews