Les accusations qui déferlent contre le vice-amiral Joseph Fouda ne sont pas nouvelles. En 2024, l'entrepreneur Hervé Parfait Mbapou le désignait déjà comme le pivot d'un système d'escroquerie et d'influence au sommet de l'État camerounais. Deux ans plus tard, ces paroles retrouvent une résonance explosive.
Le capitaine Kenneth Effoudou, ancien responsable des renseignements présidentiels, a relancé le débat en juillet 2026 en dénonçant publiquement le même officier. Ses accusations — corruption, trafic d'influence, menaces — forment un tableau qui confirme étrangement ce que Mbapou criait dans le désert en 2024. Cette convergence troublante soulève des questions sur la gouvernance des institutions régaliennes au Cameroun.
Entre la radiation d'Effoudou en mars 2024, l'arrestation de la diplomate Olive Ngobo quelques mois plus tard, et la désactivation progressive de Fouda à la présidence en novembre 2024, les faits tracent les contours d'une crise profonde. Au-delà des scandales individuels, c'est le fonctionnement même des rouages du pouvoir qui se trouve interrogé.
Ce qu’il faut retenir
- Mbapou affirmait en 2024 que Fouda orchestrait un système d'escroquerie ; Effoudou le confirme deux ans après avec des accusations de corruption graves.
- Le vice-amiral, conseiller du président Biya, a perdu ses accès à la présidence en novembre 2024, marquant une rupture de confiance majeure.
- Olive Ngobo, diplomate de la présidence, arrêtée en 2024, dénonce depuis sa libération des détentions arbitraires et des violences.
- L'affaire révèle l'enchevêtrement entre services secrets, présidence et intérêts privés au sein de l'appareil d'État camerounais.
Source : Camer.be