Cameroun : l’investissement public s’effondre de 74 % au premier trimestre 2026

Le démarrage de l'année budgétaire 2026 au Cameroun accuse un retard considérable dans l'exécution des dépenses d'investissement. Selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme élaboré par le ministère des Finances, seulement 45 milliards de FCFA ont été dépensés en investissements publics entre janvier et mars, contre 175,5 milliards à la même période de 2025. Cette chute de 130,5 milliards de FCFA représente une baisse vertigineuse de 74,4 % en variation annuelle, avec un taux d'exécution ne dépassant pas 2,5 % des crédits prévus.

Deux obstacles majeurs expliquent ce dysfonctionnement. D'abord, le passage à la nouvelle plateforme informatique PROBMIS IA au début de l'exercice a créé des perturbations techniques dans le traitement des opérations budgétaires, affectant tant les dépenses courantes que celles d'investissement. Ensuite, la mobilisation des financements extérieurs s'est avérée plus difficile que prévu : les emprunts et dons collectés n'ont atteint que 137,5 milliards de FCFA, loin des 327,6 milliards enregistrés un an auparavant. Cette double contrainte préoccupe le gouvernement, qui mise sur l'investissement public pour impulser la transformation économique du Cameroun selon sa stratégie de développement 2020-2030.

Des secteurs économiques entiers pourraient en pâtir. Le bâtiment-travaux publics, les fournitures de construction, les services d'ingénierie et le transport dépendent fortement des commandes publiques. Si ce ralentissement persiste, des projets d'infrastructures clés risquent de connaître des retards significatifs, fragilisant les chaînes de valeur régionales dans une zone CEMAC où l'investissement public demeure un moteur crucial de développement.

Ce qu’il faut retenir

  • Les investissements publics chutent à 45 milliards de FCFA sur trois mois au lieu de 175,5 milliards l'an dernier, mettant en évidence une exécution défaillante.
  • Le passage à PROBMIS IA, nouveau système de gestion budgétaire, provoque des dysfonctionnements administratifs perturbant le traitement des dépenses gouvernementales.
  • Les appuis budgétaires et dons extérieurs se mobilisent lentement, pénalisant les projets structurants inscrits dans la stratégie nationale de développement.
  • Secteurs construction, transports et ingénierie connaissent un repli de l'activité lié à l'insuffisance des commandes publiques en ce début d'année.

Source : Investir au Cameroun

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