Depuis octobre 2025, le Cameroun attend toujours la formation d'un nouveau gouvernement. Cette situation inédite depuis trois décennies nourrit le débat politique et suscite impatience et inquiétudes dans une classe politique entachée de scandales financiers.
Michel Ange Angouing, magistrat et ancien ministre de la Fonction publique (2011-2018), apporte une lecture singulière de cette vacance institutionnelle. Dans une tribune publiée le 6 juillet, le conseiller technique au ministère de la Justice ne voit pas un dysfonctionnement, mais une opportunité stratégique. Selon lui, le délai permet au chef de l'État de procéder à un tri rigoureux parmi les acteurs politiques et administratifs, « discerner le bon grain de l'ivraie » selon son expression.
Cet homme issu des sphères du pouvoir, natif d'Abong-Mbang en région de l'Est, livre une interprétation qui va au-delà de la simple justification. Pour Angouing, les révélations de scandales de détournement constituent une purification divine du pays. Il invite paradoxalement les accusés eux-mêmes à réclamer la justice, seule capable de rétablir leur honneur.
La position d'Angouing tranche avec le climat d'incertitude qui règne au Cameroun. Entre espoirs de changement et craintes d'une gestion politique opaque, la nation attend des réponses sur l'orientation qu'empruntera le régime Biya pour sa dernière décennie.
Ce qu’il faut retenir
- Le Cameroun attend depuis neuf mois son nouveau gouvernement, une situation sans précédent depuis le retour au multipartisme en 1992.
- Angouing justifie ce délai comme une stratégie de sélection rigoureuse permettant l'écartement des éléments corrompus de l'appareil d'État.
- Le magistrat interprète les scandales politiques comme un processus de purification nationale, voire comme une manifestation de la providence divine.
- Les populations réclament davantage de justice face aux accusations de dilapidation des ressources publiques qui émergent régulièrement.
Source : Camer.be