Le Tchad dispose d'un arsenal juridique solide pour combattre le travail des mineurs, mais la protection reste largement théorique. Me Bindandi Gédéon Menwa, avocat au barreau du pays, tire ce bilan nuancé à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre ce fléau.
Sur le papier, les dispositions sont claires. L'article 52 du Code du travail tchadien interdit formellement l'embauche d'adolescents de moins de 14 ans. Le pays a également ratifié les deux conventions majeures de l'Organisation internationale du travail : celle fixant l'âge minimum d'emploi et celle prohibant les pires formes d'exploitation enfantine. « Ces textes reflètent une volonté de conformité aux standards internationaux », souligne le juriste.
Cependant, l'écart entre la loi et les faits demeure abyssal. Les inspecteurs du travail manquent cruellement de ressources pour exercer un contrôle effectif. Les sanctions contre les contrevenants restent trop molles pour dissuader les employeurs. Pis encore, le secteur informel—marchés, agriculture, services domestiques—échappe quasi-totalement à la surveillance.
Me Bindandi pointe les racines profondes du problème : la misère des ménages qui pousse parents et enfants à cette forme de survie. Pour inverser la tendance, il préconise un triplet d'actions : renforcer les capacités d'inspection, mobiliser les familles et employeurs par l'information, et déployer des politiques économiques réduisant la précarité.
Ce qu’il faut retenir
- Article 52 du Code du travail : interdiction stricte d'emploi avant 14 ans, avec conditions spécifiques.
- Tchad signataire des conventions OIT n°138 et n°182, alignant sa législation sur les normes internationales.
- Déficit majeur : manque de ressources humaines et financières limitant les inspections et appliquant mal les amendes.
- Solutions préconisées : renforcer les inspecteurs, sensibiliser familles et patrons, réduire la pauvreté structurelle.
Source : Tchad Infos