Le Cameroun procède à un assainissement de son registre maritime en radiant plusieurs bâtiments soupçonnés d'avoir frauduleusement arboré le pavillon camerounais. Cette action intervient dans un contexte de lutte contre la « flotte fantôme » russe, utilisée pour contourner les sanctions occidentales liées au conflit en Ukraine.
Le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, a confirmé la suppression de plusieurs navires du registre national. Selon les documents examinés, au moins huit bâtiments étaient impliqués dans le transport de pétrole brut russe ou dans des opérations avec des pays visés par des restrictions internationales. Parmi eux figuraient les navires Jasper, Deliver, Ira, Marquise, Tyche 1, Lia, Vikram et Lark.
Les raisons initiales de cette radiation — mentionnées dans une première liste puis supprimées — incluaient le transport de produits pétroliers russes, des manœuvres d'identification frauduleuse via l'AIS (système de localisation des navires), des escales en Crimée ou encore des transferts de cargaison en mer. Cette opacité soulève des interrogations sur les défaillances du processus d'immatriculation et les risques pour la réputation du pavillon camerounais.
Pour Yaoundé, l'enjeu dépasse la simple gestion administrative. Un registre maritime entaché par des pratiques douteuses expose le Cameroun à des contrôles douaniers renforcés, à la méfiance des assureurs et à des tensions avec ses partenaires occidentaux. Des réunions en Primature ont débouché sur la décision d'améliorer les procédures d'attribution du pavillon et de renforcer le cadre réglementaire.
Ce qu’il faut retenir
- Au moins 8 navires radiés du pavillon camerounais pour implication présumée dans le transport de pétrole russe sanctionné
- Les autorités ont renforcé l'encadrement de l'immatriculation maritime après découverte de failles administratives majeures
- L'opacité autour des motifs de radiation et des conditions d'immatriculation pose des questions sur la gouvernance du secteur
Source : Investir au Cameroun