Face à une montée préoccupante des tensions identitaires au Cameroun, les présidents des deux chambres parlementaires ont lancé un appel solennel à la préservation de la cohésion nationale. Lors de l'ouverture de la deuxième session législative 2026, le 9 juin dernier, Théodore Datouo et Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye ont exhorté élus et citoyens à œuvrer conjointement pour consolider les fondations de la paix.
Cet appel intervient dans un contexte où le Cameroun traverse une période délicate marquée par des frictions sociales croissantes. Des manifestations récentes à Douala, notamment celle organisée par des citoyens se réclamant de l'identité « littoralienne » contre l'installation d'une chefferie à Bonateki, illustrent la fragilité actuelle du tissu social. Ces incidents révèlent des clivages entre populations autochtones et allogènes, amplifiés par des discours hostiles circulant sur les réseaux numériques.
Le Parlement, conscient de sa responsabilité, a transformé son hémicycle en tribun de sensibilisation. Inspiré par la visite pontificale du pape Léon XIV et la fête de l'Unité nationale récemment célébrée, le leadership parlementaire réaffirme que sans paix il ne peut exister de progrès économique, et que sans unité il n'existe point de nation véritable. Des acteurs politiques comme le MANIDEM et le député Cabral Libii proposent des pistes : constitutionnaliser la diversité, fédérer les communautés et renforcer l'intégration territoriale.
Ce qu’il faut retenir
- Les présidents des deux chambres appellent les Camerounais à préserver l'unité nationale face aux risques de fragmentation identitaire.
- Tensions entre autochtones et allogènes dans plusieurs localités, exacerbées par des manifestations publiques et des discours de rejet en ligne.
- Des formations politiques proposent de constitutionnaliser la diversité camerounaise et de renforcer l'intégration nationale institutionnelle.
- L'appel parlementaire s'inscrit dans la continuité de la fête de l'Unité nationale et s'appuie sur le message du pontife romain.
Source : Journal du Cameroun