Dix-huit partis d'opposition tchadienne ont dénoncé avec fermeté la décision gouvernementale du 27 juillet 2026 de se retirer du Statut de Rome. Cette volonté unilatérale, selon eux, menace l'engagement du pays envers la justice pénale mondiale et ouvre la porte à l'impunité.
Les forces politiques contestataires reprochent au gouvernement d'avoir tranché sans consultation préalable des acteurs institutionnels, des organisations civiles ni du peuple tchadien. Pour l'opposition, une décision de cette envergure requiert un véritable consensus national, tant elle engage les responsabilités internationales fondamentales du Tchad.
Le pouvoir justifie son geste en dénonçant une supposée partialité de la CPI envers le continent africain. Or, l'opposition note que les neuf enquêtes sur treize menées par la juridiction mondiale concernent effectivement des États africains — argument qui renforce selon elle la légitimité de l'institution plutôt que sa culpabilité. Le cas emblématique d'Omar el-Béchir, ancien leader soudanais poursuivi pour crimes au Darfour, demeure douloureux pour de nombreuses familles tchadiennes.
Plutôt que de quitter, l'opposition préconise une amélioration des mécanismes de la CPI par des réformes multilatérales. Elle craint que les seuls systèmes judiciaires nationaux ou régionaux ne suffisent à combattre des crimes graves, face aux risques constants de détournement politique des poursuites. L'opposition appelle donc à suspendre le retrait et à ouvrir un débat inclusif.
Ce qu’il faut retenir
- Dix-huit formations d'opposition dénoncent le retrait tchadien du Statut de Rome annoncé le 27 juillet 2026.
- L'absence de consultation nationale préalable est le principal grief levé contre cette décision unilatérale du gouvernement.
- L'opposition préfère les réformes de la CPI au retrait complet du Tchad de cette juridiction internationale.
- Le dossier Darfour/el-Béchir reste une préoccupation majeure pour les victimes tchadiennes de ces conflits régionaux.
Source : Alwihda Info