Chaque début de saison des pluies replonge le Tchad dans une crise du logement invisible mais omniprésente. Les prix des matériaux de construction s'envolent à N'Djamena et ailleurs, fermant les portes de la rénovation à des milliers de ménages contraints de vivre dans l'inconfort ou la détérioration.
Les chiffres ne trompent pas. Une simple lambourde coûte aujourd'hui 4 000 FCFA contre 3 250 FCFA quelques semaines plus tôt—une envolée de 23 % qui s'aggrave pour les grandes lambourdes passées de 6 000 à 8 500 FCFA (hausse de 42 %). La tôle, essentielle aux toitures, a bondi de 45 000 à 62 000 FCFA, soit une augmentation de 38 %.
Cette spirale inflationniste n'est ni nouvelle ni accidentelle. Dès les premières gouttes, commerçants et revendeurs ajustent leurs tarifs à la hausse, exploitant l'urgence de milliers de propriétaires dont les habitations subissent les dégâts des intempéries. Encombrement des routes, surcharge du transport, comportements spéculatifs—les explications abondent, mais le problème reste identique : pendant que les salaires stagnent, les budgets de construction s'envolent.
Face à cette impasse, nombreux sont ceux qui renoncent ou compromettent la qualité, risquant l'intégrité structurelle de leurs toits et murs. Des voix réclament une intervention ferme des autorités pour encadrer ce marché laissé en proie à la surenchère.
Ce qu’il faut retenir
- Les lambourdes ont augmenté de 23 %, tandis que les grandes lambourdes flambent de 42 % en quelques semaines.
- La tôle pour toitures passe de 45 000 à 62 000 FCFA, posant de graves défis aux familles précarisées.
- Habitants et experts dénoncent une spéculation périodique liée à la demande d'urgence durant l'hivernage.
- Les autorités sont appelées à renforcer le contrôle des prix pour protéger le pouvoir d'achat des citoyens tchadiens.
Source : Alwihda Info