Le Tchad traverse une période où les universités créent rapidement de nouvelles facultés de médecine, souvent sans évaluation préalable des capacités réelles. Cette expansion répond à un besoin légitime : le pays perd chaque année des sommes considérables en évacuations sanitaires vers l'étranger, notamment pour les accouchements difficiles et les pathologies complexes. Cependant, ouvrir une école de médecine exige bien plus qu'une simple volonté politique.
La formation médicale engage directement la sécurité des patients et l'efficacité du système de santé. Or, les standards internationaux de la Fédération mondiale pour l'éducation médicale (WFME) sont clairs : chaque faculté doit posséder des enseignants qualifiés en nombre suffisant, des laboratoires équipés, des salles de simulation, et surtout, un accès garanti à des structures hospitalières permettant aux étudiants de pratiquer dans tous les domaines critiques—chirurgie, pédiatrie, urgences, obstétrique.
Sans ces prérequis, le risque est tangible : des étudiants saturant les stages hospitaliers, une pratique clinique réduite, et finalement, une génération de médecins moins compétents. La Centrafrique, le Cameroun et le Tchad partagent ce défi commun de renforcer la qualité médicale régionale.
Ce qu’il faut retenir
- Plusieurs universités tchadiennes ouvrent des facultés de médecine sans étude préalable de faisabilité ni vérification des capacités d'accueil.
- L'accès limité aux hôpitaux et la saturation des stages cliniques réduisent drastiquement la qualité de l'apprentissage pratique des futurs médecins.
- Un référentiel national définissant les conditions minimales d'ouverture, les plafonds d'effectifs et les normes de qualité s'impose d'urgence.
- Investir dans moins de facultés mais mieux équipées produirait des professionnels plus compétents que multiplier les diplômés mal formés.
Source : Tchad Infos