L'Autorité indépendante de lutte contre la corruption du Tchad (AILC) a dénoncé, le 12 août, une résistance délibérée de la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT) lors d'une opération de vérification comptable. La direction de l'entreprise, responsable de plus de 70 % des revenus publics, avait d'abord refusé de transmettre les documents commerciaux relatifs aux transactions avec le géant suisse Glencore, une firme face à laquelle le pays accumule des dettes depuis 2014.
Les vérificateurs de l'AILC exigeaient ces pièces pour examiner la sincérité et la régularité des recettes du brut. Bien que la SHT ait finalement cédé sous pression, la situation s'est aggravée : des agents de l'Agence nationale de sécurité de l'État (ANSE) ont investi les bureaux de la compagnie pétrolière, interpellant l'équipe d'audit qu'ils ont menottée et détenue plusieurs heures. Du matériel informatique et des téléphones ont également été saisis.
Cette obruction intervient dans un contexte de crise budgétaire aiguë pour N'Djamena. Le Tchad a enregistré des pertes pétrolières cumulées dépassant 1 000 milliards de FCFA sur vingt-quatre mois. L'AILC a promis de poursuivre son enquête et d'établir les responsabilités de ces entorses à la transparence. Parallèlement, quatre autres entités extractives et sociales feront l'objet de contrôles.
Ce qu’il faut retenir
- La SHT a opposé une résistance administrative avant de livrer les documents fiscaux exigés par l'AILC.
- L'équipe de vérification a été interpellée par des forces de sécurité et retenue sans explication justifiée.
- Le Tchad connaît une hémorragie budgétaire liée à l'effondrement des revenus pétroliers depuis deux années.
- Quatre autres structures publiques seront soumises à audit selon le calendrier anticorruption lancé en juillet.
Source : EcoMatin