Au Tchad, un chiffre interpelle : 27 docteurs, détenteurs de diplômes universitaires supérieurs, seraient contraints d'exercer le métier de conducteur de moto-taxi. Cette situation, loin d'être une anecdote, met en lumière les profondes défaillances du système éducatif tchadien, incapable de proposer des débouchés professionnels à ses jeunes diplômés.
Le paradoxe est saisissant. Alors que le doctorat représente l'aboutissement d'années d'études et de recherche, ces intellectuels se retrouvent dans l'économie informelle, loin des laboratoires ou des administrations. Cette réalité soulève une question cruciale : à quoi sert un système de formation qui produit des savoirs sans générer d'opportunités ?
Ce phénomène n'est pas isolé au Tchad. À travers le continent africain, de nombreux pays sont confrontés à un défi majeur : l'employabilité des jeunes diplômés. La priorité n'est plus seulement d'élargir l'accès à l'éducation, mais de garantir la qualité et la pertinence des formations, afin qu'elles correspondent aux besoins réels du marché du travail. Des pays comme le Rwanda ou le Ghana ont déjà engagé des réformes pour rapprocher le monde de l'éducation et celui de l'entreprise, avec des résultats encourageants.
Il est donc urgent pour le Tchad de repenser son approche. L'objectif doit être de faire du diplôme un véritable passeport pour l'avenir, et non un simple certificat d'attente. Cela implique d'aligner les politiques de formation sur une stratégie économique claire, en identifiant les secteurs porteurs et en développant les filières adaptées, tout en valorisant l'ensemble des compétences, qu'elles soient académiques ou professionnelles.
Ce qu’il faut retenir
- 27 docteurs tchadiens seraient chauffeurs de moto-taxis, signe d'une crise de l'emploi pour les diplômés.
- Le système éducatif tchadien peine à offrir des débouchés professionnels aux jeunes diplômés.
- L'Afrique doit adapter ses formations aux besoins du marché du travail pour améliorer l'employabilité.
- Le Tchad est invité à réformer son système éducatif et à anticiper les besoins économiques.
Source : Alwihda Info