À N'Djamena, trois quarts de la population demeurent analphabètes selon l'UNESCO (2022). Cette réalité pèse lourdement sur les efforts de sensibilisation à l'hygiène urbaine, dont les campagnes restent formulées en français — une langue inaccessible pour la majorité des habitants.
Le chiffre est éloquent : seuls 27 % des jeunes et adultes maîtrisent la lecture et l'écriture. Les femmes sont particulièrement touchées avec un taux d'alphabétisation de 19 %. Dès lors, les injonctions sanitaires diffusées par les autorités n'atteignent qu'une fraction de la population, tandis que commerçants et résidents des quartiers populaires ignorent les principes élémentaires de gestion des déchets.
Sur les marchés et dans les rues, accumulation d'emballages, obstruction des caniveaux et inondations saisonnières révèlent cette déconnexion. L'absence d'éducation à l'hygiène — tant dans les écoles que dans les foyers — crée un terreau favorable aux maladies et au délabrement du cadre urbain. Pour rupture cette spirale, les experts plaident pour une refonte des stratégies de communication : privilégier les dialectes locaux permettrait d'établir un contact direct avec les populations, contournant les obstacles linguistiques qui entravent actuellement le changement de comportements.
Ce qu’il faut retenir
- Seule 27 % de la population ndjaménoise sait lire et écrire, bloquant l'efficacité des campagnes sanitaires
- Les femmes subissent un taux d'illettrisme alarmant (81 %), entravant leur rôle dans l'hygiène domestique
- Communiquer en langues locales plutôt qu'en français est indispensable pour atteindre les acteurs économiques informels
Source : Alwihda Info