Au Cameroun, le recours à des praticiens non agréés dans les quartiers populaires laisse des cicatrices durables. Des amputations, des infections graves et des séquelles irréversibles marquent des patients qui ont préféré éviter les structures hospitalières officielles.
Mama Majolie T., une sexagénaire du quartier Oyomabang à Yaoundé, en porte le lourd témoignage. Après un accident de moto en 2024, au lieu de consulter un établissement médical, elle se confie à un « docta » local réputé pour soulager les douleurs. L'injection qu'il lui administre empire son état. « Les médecins ont dû amputer mon pied », raconte-t-elle avec amertume. Son cas, malheureusement, n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
A Mendong, Xavier M., un fonctionnaire, subit les conséquences d'une réduction de fracture effectuée sans diagnostic radiographique ni équipement approprié. L'infection qui s'ensuit le conduit à une hospitalisation prolongée. Même scénario à Nsimeyong, où une enseignante voit une simple carie dégénérer après un traitement auprès d'un praticien de fortune. Ces pratiques parallèles génèrent non seulement des drames sanitaires, mais aussi des charges financières substantielles pour les victimes.
Ce qu’il faut retenir
- Des patients perdent des membres après intervention de praticiens sans qualification dans des quartiers de Yaoundé
- Les infections et complications graves résultent d'interventions sans diagnostic approprié ni matériel médical adapté
- Au-delà du coût humain, ces recours informels imposent des dépenses hospitalières démesurées aux familles affectées
Source : Cameroon Tribune