Un ancien bâtonnier camerounais dénonce à nouveau les pratiques opaques du secteur pétrolier. Me Akéré Muna prépare la publication d'un ouvrage documentant comment plus de 6,8 milliards de francs CFA auraient transité entre 2012 et 2015 vers des responsables de la Société nationale des hydrocarbures, via des contrats de conseil fictifs et des commissions surévaluées.
Cette accusation s'appuie sur le dossier Glencore, où le géant suisse a reconnu en 2022 devant la justice britannique avoir versé environ 10,5 millions d'euros en pots-de-vin à des agents camerounais. Quatre ans après ces révélations initiales, l'avocat franco-camerounais observe que le mécanisme perdure : les « rémunérations d'intermédiaires et de conseils » à la SNH ont bondi de 23 % en 2025, passant de 3,26 à 4,03 milliards de FCFA, alors même que l'activité centrale de l'entreprise enregistrait une perte d'exploitation.
Me Akéré Muna soulève une question qui interpelle au-delà des frontières camerounaises : dans un contexte régional où la gouvernance des ressources naturelles reste fragile, comment ces circuits de siphonnage des revenus pétroliers affectent-ils le financement des services publics en Afrique centrale ? Son livre annonce de lever le voile sur l'identité des bénéficiaires et la mécanique complète du système.
Ce qu’il faut retenir
- Entre 2012 et 2015, la firme suisse Glencore a admis avoir versé 10,5 millions d'euros en dessous-de-table à des cadres de la SNH, confirmé par jugement britannique.
- Les « honoraires d'intermédiaires » à la SNH ont explosé de 23 % en 2025, atteignant 4,03 milliards de FCFA, tandis que les pertes d'exploitation s'aggravaient.
- Me Akéré Muna soupçonne la poursuite identique des schémas de corruption par contrats vagues et commissions artificiellement gonflées sur les ventes de brut.
- Transparency International Cameroun s'est distancié du fondateur en mars 2026, refusant d'endosser ses accusations adressées à la direction de la SNH.
Source : Camer.be