La République démocratique du Congo entend revaloriser ses ressources minières. Les trois ministères compétents ont adopté, le 29 juin dernier, un arrêté bloquant l'exportation des concentrés de cuivre et de cobalt à l'état non transformé. Une décision majeure pour un pays qui fournit 70 % du cobalt mondial et demeure le deuxième producteur de cuivre.
Ce texte réglementaire, applicable à partir de septembre 2026, vise à retenir sur le territoire la valeur ajoutée perdue par l'envoi de minerais bruts. Kinshasa génère actuellement 5,84 milliards de dollars annuels provenant du binôme cobalt-cuivre, montrant l'ampleur de sa dépendance aux secteurs extractifs. Or, le potentiel demeure considérable : les seules réserves cuivrières pourraient atteindre 37 milliards de dollars de revenus annuels d'ici 2030, portées par la révolution énergétique mondiale.
Le cours actuel du cuivre, dépassant 13 600 dollars la tonne, et celui du cobalt, supérieur à 56 000 dollars la tonne, renforcent l'urgence d'une maîtrise accrue de la chaîne de production. En parallèle, le gouvernement envisage de recruter et former 20 000 agents de sécurité minière pour protéger les gisements et renforcer la traçabilité des flux de minerais.
Ce qu’il faut retenir
- Arrêté signé le 29 juin interdit l'export de concentrés bruts, applicable trois mois après la signature.
- Le cobalt occupe 70 % de l'offre mondiale ; le cuivre catalysera une croissance de revenus à partir de 2030.
- Kinshasa envisage de former 20 000 agents pour sécuriser les zones minières et améliorer la traçabilité.
- La transformation locale permettra à la RDC de capturer l'intégralité de la valeur ajoutée générée par ces ressources.
Source : EcoMatin