RCA : les finances publiques à la croisée des chemins, selon la Banque mondiale

La Banque mondiale a dressé, le 2 juillet 2026, un diagnostic sévère de la situation budgétaire centrafricaine. Au-delà des chiffres, c'est un État structurellement fragile qui émerge : incapable de financer seul ses besoins fondamentaux, dépendant des bailleurs de fonds, et confronté à des défis qui entravent la mobilisation de ses ressources propres.

Avec un budget de 385 milliards de francs CFA pour 2025, la Centrafrique ne collecte que 187 milliards en revenus intérieurs, soit 10,1 % de son PIB. Ce taux demeure bien en deçà des objectifs recommandés : 12 % à court terme, puis 15 % sur le long terme. Ce fossé révèle une capacité de collecte insuffisante face aux missions de l'État.

La masse salariale absorbe l'essentiel des ressources : elle représentait 73 % des recettes en 2023, laissant à peine de quoi financer la santé, l'éducation ou les routes. Ajoutez à cela une économie largement informelle, une insécurité chronique qui paralyse les revenus, et une dépendance vertigineuse aux financements externes — 43,5 % des recettes entre 2016 et 2024 — et le tableau devient alarmant pour les années à venir.

Ce qu’il faut retenir

  • Recettes intérieures insuffisantes : 10,1 % du PIB contre 15 % préconisé à long terme pour autofinancer les services essentiels.
  • Masse salariale étouffante : 59 à 73 % des revenus mobilisés pour payer les agents publics, évinçant investissements sociaux et infrastructure.
  • Dépendance exogène massive : 43,5 % des recettes proviennent de l'aide étrangère, exposant le pays à la volatilité des bailleurs.
  • Insécurité coûteuse : le conflit réduit les revenus potentiels de 5,4 points de PIB annuellement, tandis que les dépenses de défense doublaient entre 2016 et 2021.

Source : Radio Ndeke Luka

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