Depuis son discours au stade de Bangui le 30 mars 2026, le régime centrafricain prétend lutter contre la délinquance. Or, sur le terrain, les citoyens vivent une réalité inverse : celle d'une institution judiciaire devenue machine d'exploitation systématique.
Dans la capitale et les provinces, les forces de sécurité multiplient les prélèvements illégaux au nom de la lutte contre l'insécurité. La nouvelle constitution de 2023, qualifiée par ses détracteurs de « statut du MCU », aurait concentré les pouvoirs entre les mains d'une minorité. Ce cadre légal sert désormais de couverture à des pratiques opaques : chaque intervention policière ou judiciaire devient prétexte à dépouiller les citoyens sous menace.
Le contraste est saisissant : les promesses officielles de fin de l'impunité contrastent avec une justice à deux vitesses. Les proches du pouvoir jouissent d'une immunité de facto, tandis que petits commerçants et opposants subissent des poursuites aléatoires. Cette instrumentalisation politique de l'appareil judiciaire révèle une volonté non pas de rétablir la confiance, mais d'entretenir une soumission par la précarité économique et la menace permanente. Le système transforme l'État en entité étrangère à ses propres citoyens.
Ce qu’il faut retenir
- La justice centrafricaine fonctionne comme outil de racket organisé au profit du régime, dépassant son rôle régulateur.
- Forces de sécurité et magistrats opèrent sans limite légale, multipliant extorsions et détentions arbitraires en provinces.
- Deux justices coexistent : protection absolue des dignitaires, répression systématique des citoyens ordinaires et voix critiques.
- L'insécurité juridique généralisée maintient la population en soumission par la pression économique et l'arbitraire.
Source : Corbeau News Centrafrique