Pourquoi Campus France durcit les exigences financières pour les étudiants camerounais

Face à une vague de fraudes documentaires et de départs improvisés, l'Institut français au Cameroun resserre les conditions d'accès aux études en France. Lors d'une conférence le 11 juillet 2026, sa directrice générale Muriel Piquet-Viaux a justifié l'obligation de bloquer l'intégralité des frais de scolarité sur un compte bancaire avant le départ, une mesure qui suscite l'anxiété parmi les candidats camerounais.

Cette décision ne ferme pas les portes de l'Hexagone, assure la responsable, mais vise à garantir que les jeunes Africains puissent poursuivre leurs études dans des conditions décentes. Campus France signale une multiplication alarmante des fausses attestations, des relevés de notes contrefaits et même des usurpations d'identité, pratiques qui compromettent la crédibilité de l'ensemble des candidats camerounais auprès des universités françaises.

La responsable précise également un point source de confusion : le service Campus France, dédié à l'information et l'instruction des dossiers, n'a aucun pouvoir sur l'octroi des visas. Cette compétence relève exclusivement du consulat, autorité indépendante rattachée aux ministères français des Affaires étrangères et de l'Intérieur. Réussir son entretien d'orientation et débloquer les fonds ne garantissent donc pas l'obtention du précieux sésame.

Les chiffres témoignent d'une demande explosive : plus de 150% de hausse des demandes de visas étudiants au Cameroun, avec plus de 800 candidats accueillis rien qu'un samedi. Face à cette afflux, Campus France pointe également du doigt les agences d'intermédiation fleurissant à Yaoundé et Douala, revendiquant seule légitimité à orienter les futurs étudiants.

Ce qu’il faut retenir

  • Campus France impose le blocage préalable des frais de scolarité pour freiner les fraudes documentaires et les faux documents.
  • Le service Campus France n'accorde pas les visas : cette décision appartient au consulat, entité totalement indépendante.
  • Hausse de 150% des demandes de visas étudiants au Cameroun, signal d'une attractivité croissante mais aussi de risques accrus.
  • Campus France dénonce la prolifération d'agences d'intermédiation locales non autorisées à Yaoundé et Douala.

Source : Journal du Cameroun

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