Une nuit de mars 2024, le village d'Amasrakad, situé à plus de 140 kilomètres au nord-est de Gao, a été secoué par une explosion dévastatrice. Mohamed, un habitant réveillé en sursaut, a découvert un véhicule en flammes après l'impact d'un tir de drone. Deux familles, dont la sienne, se sont précipitées chercher refuge sous un abri de fortune.
Ce drame n'est pas isolé. Une enquête menée conjointement par le groupe d'intelligence open-source Bellingcat et l'organisation The Sentry révèle l'ampleur des opérations de drones menées par l'armée malienne en partenariat avec l'Africa Corps russe. Les conclusions sont glaçantes : au moins un quart des frappes aériennes recensées ont causé des pertes civiles.
Dans une région déjà fragilisée par les conflits et l'instabilité, ces bombardements soulèvent des questions fondamentales sur le respect du droit international humanitaire et la protection des populations. Pour les habitants du Sahel, déjà confrontés aux menaces sécuritaires et aux difficultés humanitaires, cette intensification des opérations militaires aériennes représente un tournant préoccupant dans la conduite de la lutte antiterroriste en Afrique de l'Ouest.
Ce qu’il faut retenir
- Au moins 25 % des frappes par drones tuent ou blessent des civils en zone malienne
- Opérations menées conjointement par forces maliennes et personnel militaire russe
- Le village d'Amasrakad attaqué le 17 mars 2024, familles cherchant abri d'urgence
Source : The Africa Report