La stabilité monétaire de la Libye est de nouveau menacée. Naji Issa, à la tête de l'institution bancaire depuis 2024, a adressé sa démission aux deux pouvoirs législatifs rivaux du pays le 9 août, sans révéler les motifs de cette décision. Le gouverneur évoque simplement des raisons « sensibles », confirmant l'authenticité de ses courriers à Reuters sans en dire davantage.
Cette démission réactive les craintes d'une nouvelle crise institutionnelle en Libye, pays fragmenté depuis une décennie entre des autorités concurrentes à l'est et à l'ouest. Mohamed Takala, président du Haut Conseil d'État basé à Tripoli, a immédiatement appelé Naji Issa à maintenir son poste le temps d'un examen régulier de sa démission, invoquant les enjeux de stabilité économique et politique. La Chambre des représentants, implantée à Benghazi, n'avait pas encore réagi officiellement.
La nomination de Naji Issa et de son adjoint Miree al-Barasee en 2024 visait à sortir la Banque centrale d'une impasse qui paralysait l'institution depuis des mois. Cet accord, négocié entre les deux chambres avec l'appui de l'ONU, avait mis fin à un bras de fer dangereux : en août 2024, le conflit entre les deux camps avait provoqué une chute spectaculaire de la production pétrolière, ramenée à 600 000 barils quotidiens au lieu d'environ 1,2 million. Les hydrocarbures représentent la quasi-totalité des revenus de l'État libyen.
Ce qu’il faut retenir
- Naji Issa quitte ses fonctions de gouverneur sans justifier sa décision auprès des deux assemblées législatives rivales.
- Le président du Haut Conseil d'État demande au gouverneur de rester en place pour éviter une nouvelle crise institutionnelle.
- Sa démission ravive les tensions entre l'est et l'ouest, rivalité qui a déjà paralysé la production pétrolière libyenne.
- La Banque centrale reste une institution clé convoitée par les deux gouvernements concurrents du pays.
Source : Africanews