Des scientifiques américains ont franchi une étape majeure en utilisant l'intelligence artificielle pour concevoir des génomes viraux entièrement fonctionnels. Cette percée, réalisée notamment par l'Université de Stanford, a permis de générer seize virus synthétiques capables de parasiter des bactéries, ouvrant des perspectives prometteuses contre les infections résistantes aux antibiotiques.
L'exploit repose sur un système d'IA générative dénommé « Evo 2 », capable de produire de nouvelles séquences génétiques en s'appuyant sur les données biologiques existantes. Les virus créés, appelés bactériophages, visent exclusivement des bactéries comme Escherichia coli et ne représentent aucun danger pour l'être humain. Leurs performances surpassent même celles du phage naturel ΦX174 utilisé comme référence.
Cette capacité à « concevoir la biologie sur ordinateur », selon le professeur Marc Güell de l'Université Pompeu Fabra, révolutionne la recherche biomédicale. À moyen terme, ces virus pourraient constituer une arme redoutable contre les bactéries multirésistantes, complétant ou remplaçant les traitements antibiotiques désormais affaiblis.
Toutefois, la technologie suscite des préoccupations légitimes. Le libre accès à « Evo 2 » pourrait permettre des usages détournés. Les experts en sécurité sanitaire, dont Thomas Inglesby et Moritz Hanke du Centre Johns Hopkins, alertent sur l'insuffisance des cadres de gouvernance actuels. La question n'est plus si l'IA peut créer des génomes viraux, mais comment l'humanité pourra en maîtriser les applications.
Ce qu’il faut retenir
- Seize phages synthétiques ont été créés grâce à l'IA générative, surpassant l'efficacité des virus naturels.
- Les bactériophages offrent une alternative face à la résistance croissante des bactéries aux antibiotiques.
- L'accès public à l'outil « Evo 2 » ravive les craintes concernant les dérives potentielles en matière de biosécurité.
Source : Burkina 24