Au Gabon, la Cour des comptes durcit le ton face à une accumulation massive de dettes publiques. Quelque 600 personnes physiques et entreprises disposent d'un délai jusqu'au 7 octobre 2026 pour régler des débets et amendes cumulés depuis plus de vingt ans, faute de quoi leurs dossiers seront orientés vers la justice pénale.
Le montant en question — 1 700 milliards de FCFA — représente un tiers du budget gabonais 2026. Alex Euv Moutsiangou, premier président de la Cour, a rappelé que cette créance englobe des arrérés anciens, certains remontant à des décennies, et ne se limite nullement aux seuls contrôles de l'année en cours. Il s'agit d'une accumulation de décisions prises avant 2023 et au-delà.
Les débiteurs forment un spectre large : comptables publics, ordonnateurs de dépenses, ministres, maires, présidents d'assemblées départementales, mais aussi des entreprises privées ayant perçu des fonds sans honorer leurs engagements. Malgré les décisions antérieures, le recouvrement a jusqu'ici stagné. La Cour des comptes entend inverser cette tendance en renforçant la transparence de ses arrêts et en menaçant d'escalade judiciaire.
Pour la région CEMAC, ce mouvement illustre une volonté accrue d'assainissement des finances publiques, un enjeu majeur dans le contexte économique régional.
Ce qu’il faut retenir
- Deadline fixée au 7 octobre 2026 pour régulariser les situations sous risque de poursuites pénales
- 600 débiteurs à titre personnel ou collectif impliqués, incluant de hauts responsables publics
- Stock de créances constituées sur 20 ans, débets et amendes cumulés hors 2026
Source : Le Bled Parle