Le Tchad souffre d'une défaillance majeure en matière de gestion transparente de ses ressources budgétaires. Selon le dernier classement de l'International Budget Partnership (IBP), le pays n'obtient qu'une note de 4 sur 100 à l'Enquête sur le Budget Ouvert 2025, le plaçant parmi les États les moins exemplaires de la planète en la matière.
Cette situation révèle des dysfonctionnements profonds : aucune implication du citoyen ordinaire (0/100), une surveillance parlementaire et une fonction de cour d'audit insuffisamment actives (30/100). À titre de comparaison, la moyenne régionale en Afrique subsaharienne atteint 38/100, tandis que des voisins comme le Cameroun (58/100) ou même le Bénin (77/100) affichent des résultats bien supérieurs.
Des documents clés — budgets simples pour le grand public, rapports d'exécution trimestriels ou annuels, évaluations d'audit — restent publiés avec retard, incomplets ou confinés aux bureaux gouvernementaux. Cette pratique empêche les Tchadiens de vérifier comment leurs impôts et ressources nationales sont utilisés par l'État.
L'IBP préconise des mesures urgentes : diffusion régulière et intégrale des éléments budgétaires sur des canaux numériques ouverts, amélioration substantielle des données sur la dette et les programmes, création de véritables cadres de dialogue avec la population et les associations de base.
Ce qu’il faut retenir
- Transparence minimale : le Tchad scoring 4/100 rejoint les pays les plus opaques concernant l'utilisation des deniers publics.
- Absence totale de dialogue : zéro implication citoyenne prévue dans la conception ou l'évaluation des politiques budgétaires gouvernementales.
- Contrôles affaiblis : le Parlement et les auditeurs nationaux exercent un suivi insuffisant des dépenses et des revenus de l'État.
Source : Tchad Infos