Le 3 juillet 2026 à Yaoundé, le journaliste Souley Onohiolo a mis fin à huit mois de protestation silencieuse en se rasant la barbe qu'il avait laissé pousser depuis novembre 2025. Cet engagement personnel visait à interpeller le chef de l'État sur l'absence de remaniement gouvernemental, promis à plusieurs reprises sans suite depuis 2019. Ce qui aurait dû rester une cérémonie intime s'est transformé en révélateur des pratiques oppressives du régime : la police politique s'était glissée parmi les spectateurs, transformant un simple geste personnel en enjeu sécuritaire d'État.
Durant ces huit mois, la barbe blanche et fournie du journaliste du quotidien Le Messager a crystallisé l'exaspération collective face à l'immobilisme politique. Au-delà de l'anecdote capillaire, cet épisode illustre la fragilité des libertés individuelles au Cameroun et le climat de surveillance généralisé qui caractérise le pays. La présence de services secrets à une cérémonie de rasage révèle comment les autorités interprètent désormais tout acte de dissidence, même symbolique, comme une menace à contenir.
Dans son discours final, Souley Onohiolo a affirmé son refus d'être un « lâche » et exprimé sa conviction, partagée par nombreux citoyens, que Paul Biya aurait dû quitter le pouvoir en 2018. Cette prise de parole directe, relayée par des observateurs politiques comme le vice-président du SDF Louis Marie Kakdeu, pose la question cruciale des conditions de la critique politique en Afrique centrale.
Ce qu’il faut retenir
- Journaliste du Messager cesse sa protestation après 8 mois de non-rasage pour dénoncer stagnation gouvernementale camerounaise.
- Services secrets infiltrés à cérémonie publicisée, signalant contrôle étatsécuritaire sur tout acte de dissidence pacifique.
- Discours révèle conviction que président Biya aurait dû partir après modification constitutionnelle de 2008 supprimant limitation mandats.
- Cameroun classé 135e liberté presse mondiale ; épisode révèle dégradation continue protection journalistes et libertés expression.
Source : Camer.be