Brazzaville et Pointe-Noire font face à une crise croissante d'érosion des sols qui s'intensifie lors des périodes de pluies. Les quartiers Ngamakosso et Ibalico dans la capitale, tout comme les arrondissements 5 et 6 de Pointe-Noire, connaissent des pertes matérielles massives. Des centaines de résidences disparaissent progressivement, engloutissant les rêves de propriétaires qui ont choisi ces zones précisément pour fuir les loyers prohibitifs.
Le phénomène résulte d'une double dynamique. D'une part, l'intensification des changements climatiques aggrave les conditions naturelles. De l'autre, l'occupation désordonnée de terrains impropres à la construction accélère le processus : déboisement sauvage, creusement incontrôlé, absence totale de drainage. Un enseignant retraité du quartier Ibalico à Massengo exprime le dilemme d'une population appauvrie : « Mieux vaut posséder son logis, même en zone dangereuse, que de sombrer sous le fardeau des locations ».
Les experts pointent la responsabilité conjointe de l'État et des habitants. Tandis que les ménages à revenus modestes occupent des espaces inadéquats, les autorités demeurent absentes. La construction urgente de systèmes de canalisation et de drainage s'impose pour sauver ces quartiers. L'absence d'action transforme chaque saison des pluies en catastrophe humanitaire silencieuse.
Ce qu’il faut retenir
- L'érosion ravage Brazzaville et Pointe-Noire, détruisant maisons et quartiers entiers lors des périodes pluvieuses
- Combinaison de changements climatiques et d'occupation anarchique de zones non constructibles aggrave la crise
- Populations pauvres occupent terrains instables faute de pouvoir payer loyers, risquant pertes matérielles irréversibles
- Gouvernement doit intervenir rapidement via infrastructure d'assainissement pour endiguer la catastrophe
Source : Adiac Congo