Au Tchad, la situation dans le département de la Dodjé s'aggrave dangereusement. Des responsables locaux originaires de cette zone du Logone Occidental, réunis à Moundou, ont publié un cri d'alarme le 18 août, décrivant une véritable crise humanitaire et sécuritaire qui s'intensifie depuis plusieurs mois.
Selon leur témoignage documenté, entre mai et août, la sous-préfecture de Laokassy a enregistré des violences massives : six morts confirmés, 472 habitations réduites en cendres, des milliers d'hectares de cultures détruites en pleine saison. Le bétail n'a pas été épargné, avec le vol de centaines de bœufs et l'abattage de 500 volailles. Ces destructions systématiques ont forcé plus de 1 855 civils à fuir vers la province voisine de la Tandjilé en juillet dernier.
Le collectif dénonce un phénomène qu'il ne réduit pas à un simple différend agriculteurs-éleveurs, mais qualifie plutôt d'occupation territoriale forcée. Ces cadres pointent du doigt une riposte insuffisante des autorités administratives et militaires, invoquant même l'immobilisation d'une mission de sécurité faute de carburant. Face à ces constats, ils demandent le remplacement de plusieurs responsables régionaux et un renforcement urgent de la présence gouvernementale sur le terrain.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 1 855 personnes déplacées vers la Tandjilé après des destructions massives en zone rurale tchadienne.
- Bilan lourd : six décès, 472 maisons brûlées, 4 187 hectares de cultures ravagés entre mai et août.
- Cadres tchadiens réclament la destitution du préfet et des sous-préfets, ainsi qu'un renforcement sécuritaire immédiat.
- Collectif conteste le terme « conflit agriculteurs-éleveurs » et dénonce une « guerre d'occupation spatiale ».
Source : Alwihda Info