L'Afrique traverse une crise climatique sans précédent. En 2025, les catastrophes météorologiques ont dévasté le continent : plus de 13 millions de personnes affectées, 3 000 décès enregistrés, et des économies entières fragilisées. C'est ce que révèle le rapport « État du climat en Afrique 2025 » publié par l'Organisation météorologique mondiale le 18 juin.
Inondations et sécheresses dominent le bilan des catastrophes. Les pluies torrentielles ont provoqué des ravages au Nigeria (plus de 200 morts en mai) et en République démocratique du Congo (160 décès en avril). Parallèlement, la Corne de l'Afrique subit une sécheresse prolongée qui menace des millions de personnes d'insécurité alimentaire. L'Afrique de l'Est paie le prix fort avec 8,5 millions de victimes de la sécheresse. Pour la région du Sahel, dont le Tchad est voisin, les précipitations excédentaires soulignent une variabilité climatique croissante.
Le continent se réchauffe aussi deux fois plus vite que la moyenne mondiale. L'anomalie thermique atteint +0,51 °C comparée à la normale 1991-2020. L'Afrique du Nord subit les écarts les plus prononcés (+0,76 °C), tandis que les glaciers historiques disparaissent : le Kilimandjaro a perdu 91 % de sa couverture depuis 1900.
La menace s'étend aux océans. Les côtes atlantique, indienne et la mer Rouge enregistrent des montées du niveau bien supérieures à la moyenne mondiale (entre 4,2 et 5,6 mm/an). Pourtant, seuls 40 % des pays africains disposent de systèmes d'alerte précoce. Cette insuffisance expose les communautés rurales, déjà vulnérables, à des catastrophes qu'on pourrait anticiper. L'OMM appelle à renforcer les investissements en infrastructure d'adaptation, les coûts climatiques pouvant absorber jusqu'à 5 % du PIB national.
Ce qu’il faut retenir
- 13 millions de sinistrés et 3 000 morts en Afrique en 2025 selon l'OMM, inondations et sécheresses dominantes.
- Seuls 40 % des pays africains ont des systèmes d'alerte précoce multi-dangers, laissant les zones rurales sans protection.
- Réchauffement deux fois plus rapide qu'en moyenne mondiale, glaciers perdent 90 % de leurs masses historiques.
- Coûts climatiques pouvant atteindre 5 % du PIB national, entravant développement et réduction de la pauvreté.
Source : Tchad Infos