Un revers stratégique pour le secteur minier camerounais. La Société nationale des mines (Sonamines) a annoncé le 18 août l'insuccès de ses appels internationaux à manifestation d'intérêt lancés en janvier 2026, destinés à trouver des partenaires pour exploiter le gisement de rutile d'Akonolinga (région du Centre) et les réserves polymétalliques de Lomié-Nkamouna (région de l'Est). Aucune des candidatures reçues n'a satisfait aux exigences fixées par la direction générale de Serge Hervé Boyogueno.
Cette impasse illustre les défis persistants de valorisation des ressources minérales en Afrique centrale. Pour accéder à ces gisements jugés clés pour la diversification économique post-pétrole du Cameroun, les investisseurs devaient justifier au minimum 15 années d'expérience dans l'extraction et afficher un chiffre d'affaires annuel de 150 millions de dollars minimum sur les cinq exercices écoulés. Des standards que l'entreprise publique camerounaise estime nécessaires pour financer les études approfondies et le déploiement des infrastructures.
Face à cette situation, la Sonamines privilégie désormais des négociations directes, au cas par cas, avec tout partenaire démontrant une expertise avérée et les moyens financiers requis. Cette flexibilité intervient après des années d'immobilisme : Geovic a cédé le permis de Lomié-Nkamouna en février 2025 après 20 ans sans développement, tandis qu'Eramet a abandonné le projet d'Akonolinga en novembre 2023.
Ce qu’il faut retenir
- Aucun candidat n'a franchi les critères de sélection fixés pour ces deux gisements stratégiques camerounais.
- La Sonamines passe de l'appel d'offres à la négociation directe avec investisseurs qualifiés, dans le cadre du Code minier.
- Le gisement d'Akonolinga contient environ 1 million de tonnes de rutile ; Lomié-Nkamouna recèle 68 millions de tonnes de minerai polymétallique.
Source : EcoMatin