Depuis le 7 juin, Paul Biya demeure introuvable à Genève, laissant le Cameroun en sursis institutionnel. Cette absence prolongée du plus vieux chef d'État du monde révèle une faille majeure dans le mécanisme de succession prévu par la Constitution révisée en avril 2026.
Le nouvel article constitutionnel, censé renforcer la stabilité du régime, introduit un poste de vice-président jusqu'alors vacant. Paradoxalement, ce mécanisme de sécurité devient lui-même source de fragilité : sans ce vice-président nommé, aucune procédure légale ne peut enclencher officiellement la constatation d'une vacance du pouvoir auprès du Conseil constitutionnel.
En quarante et un jours, seuls des décrets militaires ont été signés. L'appareil administratif fonctionne au ralenti, les arbitrages interministériels sont gelés, et l'État semble en pilotage automatique. Cette paralysie relative alimente les spéculations : le chef d'État recevrait des soins en Suisse après un malaise lors de la fête nationale, selon Jeune Afrique. Le gouvernement dément formellement tout problème de santé, renforçant la confusion.
L'Union Démocratique du Cameroun (UDC) a rompu le silence le 18 juillet, interpellant le régime sur cette vulnérabilité institutionnelle. Le parti demande l'encadrement légal des absences prolongées et une communication régulière. Enjeu plus profond : comment stabiliser l'État quand le successeur constitutionnel n'existe que sur le papier ?
Ce qu’il faut retenir
- Quarante et un jours sans communication officielle du président à Genève, paralysie progressive de l'administration camerounaise.
- Vice-président réintroduit constitutionnellement en avril 2026 mais jamais nommé, créant un blocage procédural inédit.
- UDC demande des règles précises encadrant les absences prolongées et une succession clairement établie.
- Rumeurs médicales démenties officiellement alimentent le doute sur la capacité gouvernementale du chef d'État de 93 ans.
Source : Camer.be