Le retrait simultané de deux centrales thermiques stratégiques du réseau camerounais exposé les failles du secteur énergétique national. Le 1er juin 2026, les groupes Kribi Power Development Company (KPDC) et Dibamba Power Development Company (DPDC), appartenant à Globeleq, ont interrompu leurs livraisons d'électricité au Réseau interconnecté Sud, plongeant 40% des consommateurs du Littoral et de l'Ouest dans l'obscurité.
Cette interruption ne résulte pas d'une simple panne technique. Le ministère de l'Eau et de l'Énergie a révélé que l'administration fiscale a gelé les comptes de Globeleq dans le cadre d'une procédure de recouvrement pour non-paiement d'obligations fiscales. Cependant, derrière ce contentieux se cache une chaîne de dettes bien plus complexe : les retards chroniques de la Société camerounaise de distribution de l'électricité (Socadel) envers ses fournisseurs affaiblissent ces derniers, qui se retrouvent incapables de respecter leurs engagements fiscaux.
La crise révèle une vérité inconfortable pour les décideurs : quand le distributeur national n'encaisse pas suffisamment pour couvrir ses charges mensuelles (déficit de 13 milliards de FCFA mensuels), la tension financière se propage immédiatement vers les producteurs indépendants, jusqu'à paralyser l'ensemble du système. Cette fragilité n'est pas nouvelle. Similaire à celle observée entre 2024 et 2025 avec les mêmes acteurs, elle signale que l'arrivée du barrage de Nachtigal (420 MW) ne suffira pas à résoudre les dysfonctionnements structurels d'un secteur où la chaîne de paiements s'est effondrée.
Ce qu’il faut retenir
- KPDC et DPDC ont fermé leurs turbines le 1er juin, réduisant de 304 MW la capacité du réseau interconnecté Sud.
- Le blocage fiscal des comptes de Globeleq révèle une crise de trésorerie plus profonde : Socadel perd 13 milliards de FCFA chaque mois.
- Quarante pour cent des foyers du Littoral et de l'Ouest subissent des délestages consécutifs au retrait des deux centrales thermiques.
- L'État camerounais doit arbitrer entre recouvrement fiscal et sécurité énergétique pour éviter une paralysie du bassin industriel de Douala.
Source : Investir au Cameroun