Depuis 1944, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale structurent l'économie mondiale. Mais pour de nombreux analystes, dont l'expert camerounais René Ndouma Fils, ces institutions auraient davantage asservi le continent africain qu'elles ne l'auraient développé. À l'heure où les BRICS+ gagnent en influence et où la dédollarisation s'accélère, la question se pose avec acuité : dispose enfin l'Afrique centrale d'échappatoires crédibles ?
Les origines du système remontent à l'été 1944, quand quarante-quatre nations se sont rassemblées dans le New Hampshire pour dessiner un ordre économique mondial d'après-guerre. L'Afrique, alors sous domination coloniale, en était absente. Depuis, critique René Ndouma Fils, docteur en sciences de gestion et spécialiste de la finance numérique au Cameroun, ces organisations ont fonctionné comme des prolongements de la puissance états-unienne, maintenant le continent dans la précarité plutôt que le hissant vers la prospérité.
Les Programmes d'ajustement structurel des années 1980-1990 incarnent selon lui cette logique : privatisations forcées, réductions drastiques des budgets sociaux, déréglementation des marchés. Résultats documentés : effondrement des services publics, fuites massives de capitaux évaluées à 1 400 milliards de dollars entre 1980 et 2009, pauvrété amplifiée. Face à ce bilan, l'expert pointe vers des alternatives : la Nouvelle Banque de Développement des BRICS+ (approuvant 33 milliards de dollars depuis 2015), la finance islamique dont les actifs mondiaux dépassent 3 000 milliards de dollars, et l'accélération de la dédollarisation portée par plus de quatre-vingts États.
Ce qu’il faut retenir
- Fondées sans participation africaine en 1944, les institutions de Bretton Woods auraient maintenu le continent dans la dépendance plutôt que favorisé son développement économique.
- Les programmes d'ajustement structurel des années 1980-1990 ont disloqué les services publics et vidé les caisses des États africains de capitaux massifs.
- BRICS+, Nouvelle Banque de Développement et finance islamique représentent désormais des voies alternatives crédibles pour l'autonomie économique de l'Afrique.
- Plus de quatre-vingts nations réduisent leur dépendance au dollar, catalysant un rééquilibrage de l'ordre monétaire et financier mondial.
Source : Camer.be