Quarante-quatre jours sans Paul Biya sur le territoire camerounais. Le président, âgé de 93 ans, a quitté Yaoundé le 7 juin pour un séjour privé en Europe qui s'éternise, battant tous les records d'absence depuis son arrivée au pouvoir. Face aux interrogations croissantes, le gouvernement camérounais monte au créneau.
C'est Jacques Fame Ndongo, ministre d'État et de l'Enseignement supérieur, qui a publié une déclaration en quatre points ce mardi pour clarifier la situation. Il rejette fermement la notion de « vide du pouvoir », rappelant que la Constitution nationale ne fixe aucune limite temporelle pour les séjours présidentiels à l'étranger. Selon lui, le chef de l'État continuerait à exercer ses fonctions à distance, en examinant les dossiers essentiels et en transmettant ses directives. Des rumeurs sur l'état de santé du monarque octogénaire sont également qualifiées de « désinformation ».
Cependant, cette affirmation officielle suscite des doutes au sein de l'opposition et de la société civile. L'Accord constitutionnel d'avril 2026 avait rétabli le poste de vice-président précisément pour assurer la continuité institutionnelle en cas de vacance. Or, ce poste demeure toujours vacant. Des constitutionnalistes et des figures politiques d'opposition réclament l'intervention du Conseil constitutionnel. Entre-temps, le Cameroun fonctionne au ralenti : aucun nouveau gouvernement depuis octobre 2025, et plusieurs organes institutionnels restent paralysés.
Ce qu’il faut retenir
- Paul Biya absent quarante-quatre jours depuis le 7 juin 2026 pour un voyage européen qualifié de privé.
- Jacques Fame Ndongo affirme que la Constitution autorise les séjours présidentiels sans limitation de durée.
- Aucun vice-président n'a été désigné malgré la révision constitutionnelle d'avril 2026 censée prévenir ce vide.
- L'opposition et les constitutionnalistes demandent au Conseil constitutionnel de constater une éventuelle vacance du pouvoir.
Source : Camer.be