Au Gabon, une affaire de fonds disparus relance le débat sur la transparence judiciaire. Entre janvier 2024 et septembre, un dossier mettant en cause l'ancienne procureure de Port-Gentil, désormais à la Cour de cassation, n'a pas été examiné par la session disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature, suscitant des questions légitimes.
Le contexte remonte à un différend commercial. Le Syndicat autonome des pétroliers, dirigé par Patrick Yénou, aurait versé 100 millions de Francs CFA en échange d'un reçu dans une procédure impliquant la société 3MA. Or, lors du jugement en novembre 2023, une condamnation à verser 395 millions supplémentaires a été prononcée, tandis que la destination des premiers fonds demeure opaque.
Un responsable du B2 et Édith Christiane Mvou Loubamono, procureure générale adjointe près la Cour de cassation, sont soupçonnés d'implication dans cette transaction. Une plainte pour extorsion a été déposée en janvier 2024. Pourtant, lors de la session disciplinaire du 25 août, ce dossier brûlant n'a pas été inscrit à l'ordre du jour, tandis que d'autres magistrats subissaient des sanctions allant jusqu'à la révocation.
Maître Jean-Paul Moumbémbé, conseil de Yénou, demande la restitution des fonds et l'établissement des responsabilités. Sollicitée pour s'exprimer, la magistrate concernée a refusé tout entretien. Dans un contexte où le Gabon revendique une magistrature exemplaire, cette opacité entame la crédibilité de l'institution.
Ce qu’il faut retenir
- 100 millions de Francs CFA versés dans une affaire commerciale n'ont pas eu de destination clairement établie.
- Une magistrate gabonaise figure parmi les suspects d'une plainte déposée en janvier 2024, sans suite judiciaire apparente.
- Le Conseil supérieur de la magistrature n'a pas examiné le dossier lors de sa session disciplinaire du 25 août dernier.
- L'absence de transparence questionne l'engagement des autorités gabonaises à uniformiser les normes d'accountability judiciaire.
Source : Gabon Actu